Le CSE, une instance issue des ordonnances Macron

Depuis 2017, les anciennes instances de représentation des salarié·es (délégué·es du personnel – DP – , Comité d’entreprise – CE -, Comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail – CHSCT) ont été fusionnées en une seule : le Comité social et économique (CSE). Cette réforme a réduit le nombre d’élu·es et a concentré leurs missions. Exercer un mandat, aujourd’hui, c’est faire plus avec moins… Le rôle des représentant·es du personnel est essentiel pour défendre les droits collectifs et améliorer les conditions de travail.

Les heures de délégation : un droit fondamental

Les élu·es titulaires du CSE disposent d’un crédit d’heures mensuel pour exercer leur mandat (articles L. 2315-7 à L. 2315-11 du Code du travail). Ces heures servent à consulter les salarié·es, à préparer les réunions, à rédiger des communications et à s’informer sur les textes applicables dans l’entreprise.

Les heures de délégation sont un droit, pas une faveur. Elles peuvent être mutualisées entre élu·es.

Bien utiliser ses heures

L’élu·e titulaire n’a pas d’obligation légale stricte de prévenir l’employeur avant d’utiliser ses heures, mais doit le faire en temps utile pour ne pas perturber le service. En cas d’urgence (accident du travail, conflit…), l’absence peut être immédiate.

Les heures peuvent être reportées d’un mois à l’autre, dans la limite de 1,5 fois le crédit mensuel.

Elles peuvent être mutualisées entre titulaires et suppléant·es, avec un délai de prévenance de 8 jours par écrit.

Le dépassement est possible en cas de circonstances exceptionnelles (plan de sauvegarde de l’emploi, restructuration, déménagement, chômage partiel…), à notifier à l’employeur.

Pour les salarié·es au forfait-jours, les heures sont décomptées en demi-journées (sur la base de 4 heures pour une demi-journée).

Ces heures sont rémunérées comme du temps de travail effectif.

Dans le cas des journalistes-pigistes élu·es, la rémunération est calculée sur le salaire moyen ou sur la base d’un forfait calculé sur le salaire minimum conventionnel.

Des rôles différents mais complémentaires

Sauf accord particulier, seul·es les titulaires siègent de droit en réunion plénière du CSE. Les suppléant·es n’y participent qu’en cas d’absence d’un·e titulaire. Leur implication reste pourtant essentielle : préparation, relais d’information, communication auprès des salarié·es et suivi des dossiers afin de pallier efficacement l’absence d’un·e titulaire. Lors des négociations relatives au CSE, Info’Com-CGT demandent que les suppléant·es participent et puissent bénéficier d’heures pour préparer aux réunions préparatoires notamment. Comment remplacer un élu lorsqu’on ne dispose d’aucun moyen pour prendre connaissance des dossiers en cours. Le suppléant tout comme un remplaçant sur le banc de touche doit être en mesure de prendre le relais à tout moment.

Assurer son mandat malgré les contraintes

Même si cadre légal est plus facilitant qu’auparavant, le mandat CSE est un outil collectif indispensable de défense des salarié·es. Pour exercer efficacement son mandat, il est essentiel :
– de se former régulièrement (via le congé de formation syndicale) ;
– de mutualiser les moyens et les heures de délégation ;
– de maintenir une présence visible et une écoute attentive auprès des collègues ;
– d’agir de manière concertée entre élu·es.

Ces pratiques renforcent la légitimité et l’efficacité du CSE. Un mandat rigoureux, c’est un mandat utile à toutes et tous.

Le mandat CSE dans une démarche CGT

Sous bannière CGT, le mandat CSE s’inscrit dans une démarche globale :
– articuler l’action au sein de l’instance avec le travail revendicatif de la CGT ;
– défendre les droits, améliorer les conditions de travail, développer la solidarité collective ;
– bénéficier d’un accompagnement, de formations, de ressources juridiques et d’un soutien collectif.

Avec la CGT, ton mandat s’exerce dans la durée et dans la cohérence d’un projet social partagé.

Bon à savoir

– Les heures de délégation sont un droit collectif : utilise-les, mutualise-les, ne les laisse pas perdre.
– Les suppléant·es doivent être impliqué·es dans la vie du CSE.
– Le mandat CSE est une responsabilité collective au service de tous les salarié·es.
– Un CSE efficace est un CSE formé, organisé et solidaire.

Le CSE, c’est ton pouvoir d’agir, c’est ta voix, c’est ton droit, c’est ta force.