En France, plus de trois personnes meurent chaque jour à cause de leur travail. Ces morts ne sont pas des fatalités, mais le résultat d’une organisation du travail qui privilégie la rentabilité au détriment de la santé et de la sécurité. Cadences intensifiées, pression constante, non-respect des règles : le travail tue dans tous les secteurs et touche particulièrement les plus précaires, ainsi que les jeunes en formation, parfois même mineurs.
Les politiques publiques ont aggravé la situation. La réduction des moyens de l’Inspection du travail, la suppression des CHSCT et l’affaiblissement des droits des représentant·es du personnel ont laissé les salarié·es plus exposé·es. Parallèlement, les stages se généralisent sans garanties suffisantes, tandis que la responsabilité est déplacée sur les individus, alors que les employeurs sont rarement sanctionnés.
Les chiffres sont alarmants : 759 décès liés aux accidents du travail en 2023, 764 en 2024. En incluant accidents de trajet et maladies professionnelles, environ 1 300 morts par an sont liés au travail. Les principales causes sont les malaises (57 %), souvent liés au stress et à l’intensité du travail, les accidents externes (chutes, écrasements, route) et les atteintes psychiques graves, largement sous-reconnues.
Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement vulnérables : plus de 40 sont morts en 2023, souvent avec très peu d’ancienneté.
Face à cette situation, la CGT exige une transformation profonde du travail : prévention dès l’organisation, réduction des cadences, respect des temps de repos, conditions dignes et équipements adaptés. Les jeunes doivent être protégés par un encadrement réel et écartés des situations dangereuses. Il est aussi indispensable de rétablir et renforcer les droits des salarié·es, notamment les CHSCT.
Enfin, l’État doit assumer ses responsabilités : renforcer les contrôles, sanctionner les entreprises défaillantes et reconnaître pleinement les atteintes physiques et psychiques. Le respect de la vie doit primer partout.