💬Un droit pour protéger sa santé
L’arrêt de travail est prescrit lorsqu’un·e médecin estime que l’état de santé d’un·e salarié·e ne lui permet pas de travailler sans risque pour sa santé ou celle des autres. Il ne s’agit ni d’un privilège, ni d’une sanction, ni d’un abus : c’est un droit destiné à permettre les soins, le rétablissement et un retour au travail dans de bonnes conditions.
Les arrêts de travail sont aussi un outil de prévention. Continuer à travailler malgré une maladie ou un épuisement professionnel peut aggraver l’état de santé, augmenter le risque d’accident et retarder la guérison. Pendant un arrêt de travail, au-delà de la période de carence, le·la salarié·e perçoit des indemnités journalières de l’Assurance maladie, dont le montant dépend du statut (privé, public) et de la convention collective.
⚖️ Des régressions visant à faire des économies
La loi de financement de la Sécurité sociale de 2026 a profondément modifié les règles applicables aux arrêts de travail. Elle est notamment mise en œuvre par le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 relatif au plafonnement de la durée des arrêts de travail donnant lieu au versement d’indemnités journalières.
L’objectif affiché par le gouvernement est de réduire les dépenses d’indemnités journalières de l’Assurance maladie.
📅 Des limites de durée préconisées
Pour les arrêts prescrits à partir du 1er septembre 2026 :
Toutefois, lorsque l’état de santé du patient le justifie, le·la professionnel·le de santé peut déroger à ces plafonds en motivant sa décision conformément aux dispositions prévues par le Code de la Sécurité sociale.
🔍 Des contrôles renforcés
La réforme prévoit aussi un renforcement des contrôles des arrêts de travail. L’Assurance maladie pourra ainsi notamment porter une attention particulière :
Ces contrôles ne remettent toutefois pas en cause le droit à un arrêt médicalement justifié.
⚖️ Ce qui ne change pas
La réforme ne modifie pas les droits fondamentaux des salarié·es :
🏥 Les arrêts de travail peuvent être liés aux conditions de travail
De nombreux arrêts trouvent leur origine dans les conditions de travail :
L’arrêt de travail est ainsi parfois la conséquence d’une dégradation de la santé provoquée par l’organisation du travail.
👔 L’employeur a une obligation de protéger la santé
Conformément à l’article L4121-1 du Code du travail, l’employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salarié·es.
Cette obligation comprend notamment :
Lorsque les conditions de travail dégradent durablement la santé des salarié·es, la responsabilité de l’employeur peut être engagée.
⚠️ Accident du travail et maladie professionnelle
Les troubles physiologiques ou psychiques peuvent être reconnus :
En cas de manquement à son obligation de sécurité, l’employeur peut voir sa responsabilité engagée au titre de la faute inexcusable.
💡 Les bons réflexes
Si votre état de santé est lié à votre travail :
📌 Bon à savoir
La réforme issue de la loi de financement de la Sécurité sociale de 2026 ne supprime pas le droit à l’arrêt de travail. Elle encadre la durée des prescriptions, mais ne retire pas au médecin son pouvoir d’appréciation.
En cas de nécessité médicale, le prescripteur peut dépasser les plafonds de 31 jours pour un arrêt initial et de 62 jours pour une prolongation, à condition de motiver sa décision conformément au Code de la Sécurité sociale.
Votre employeur ne peut ni refuser un arrêt prescrit par un·e médecin, ni exiger de connaître votre affection.
✊ Ce que revendique la CGT
La santé des salarié·es ne doit jamais être une variable d’ajustement budgétaire. Les arrêts de travail sont souvent la conséquence d’une dégradation des conditions de travail, du manque d’effectifs, de l’intensification du travail et des risques psychosociaux. La CGT revendique une véritable politique de prévention des risques professionnels, des moyens humains suffisants, le renforcement de la médecine du travail, la reconnaissance des affections liées au travail, la suppression des jours de carence et le respect du droit fondamental à la santé et à la protection sociale.
Être malade n’est pas une faute. Se soigner est un droit. Prévenir les risques est une obligation de l’employeur.