Le 1er mai, ce n’est pas la « fête du travail », c’est la journée internationale de lutte des travailleur·euses, conquise par le mouvement ouvrier et portée par la CGT.

L’expression « fête du travail » n’est pas neutre : elle vient directement du régime de Vichy, sous Pétain, qui en 1941 transforme le 1er mai en « fête du travail ».
L’objectif est clair : effacer la lutte des classes, neutraliser le mouvement ouvrier et vider cette journée de sa portée de mobilisation pour en faire une célébration consensuelle et dépolitisée.

À l’inverse, le 1er mai s’inscrit dans une histoire de combats sociaux majeurs : les grèves de 1886 à Chicago pour la journée de 8 heures, violemment réprimées, en sont un symbole fondateur. En France, ce sont les luttes syndicales, et notamment celles de la CGT, qui ont imposé le 1er mai comme journée chômée et payée, consolidée après 1947.

Aujourd’hui encore, rien n’est figé. Cette journée garde toute sa force parce que les droits des travailleur·euses sont régulièrement attaqués, fragilisés ou remis en cause.

Dans l’actualité récente, les offensives patronales et politiques se multiplient pour remettre en cause le caractère réellement chômé du 1er mai.

Sous couvert de « liberté de travailler », de « flexibilité » ou même de « nécessité économique », des propositions visent à autoriser le travail ce jour-là dans certains secteurs comme le commerce, la boulangerie ou la grande distribution.
Une partie de la droite et du bloc gouvernemental relaie ces logiques, en écho direct aux demandes patronales.

Pour les syndicats, et en premier lieu la CGT, il s’agit d’une attaque frontale contre un conquis fondamental : le seul jour férié obligatoirement chômé et payé en France. Derrière les discours de bon sens économique, c’est bien une réalité simple qui apparaît : faire reculer un droit collectif arraché par les luttes.

Ces attaques répétées s’inscrivent dans un contexte plus large de déréglementation du travail, de pression permanente à la flexibilité et de remise en cause progressive des protections sociales. À chaque fois, la même logique est à l’œuvre : répondre aux intérêts du patronat au détriment des salarié·es.

Le 1er mai doit rester ce qu’il est depuis son origine : une journée de lutte, de solidarité internationale et de mobilisation.

Pas une fête vidée de son sens, pas une journée livrée aux logiques marchandes où les conquis sociaux deviennent une variable d’ajustement, mais un moment où les travailleur·euses rappellent collectivement que leurs droits ne sont pas négociables et qu’ils ne s’obtiennent et ne se défendent que par le rapport de force.