Jeudi 21 octobre 2021, les élus de Publihebdos étaient réunis à Rennes en CSE. Compte-rendu par vos représentants Info’Com-CGT.

Chèque cadeaux

Cette année, les élus ont décidé que les chèques cadeaux passent de 130 à 160 euros. Rappelons que pour pouvoir bénéficier de chèques cadeaux, il faut être présent dans l’entreprise au 30 septembre et avoir au moins 3 mois d’ancienneté. Si la direction envoie la liste des salariés concernés avant le 25 octobre, les carnets de chèque pourront être remis aux salariés entre le 1er et le 15 novembre.

actu.fr : Point de situation dans les verticales du Sud-Est

Depuis nos alertes auprès de la direction en juin dernier sur des cas d’épuisement professionnel dans les nouvelles verticales d’Actu récemment ouvertes dans le Sud-Est, et après l’intervention de l’inspectrice du travail en septembre, nous avons demandé un nouvel état des lieux de situation à la direction. Enfin des bonnes nouvelles se profilent : les permanences du week-end avaient déjà été arrêtées avant l’été, et la direction promet cette fois de doubler les effectifs dans chaque verticale où pour l’heure, il n’y a qu’un seul journaliste : Marseille (Deux journalistes + l’alternant), Nice et Grenoble. Nous nous en réjouissons, et nul doute que les journalistes concernés aussi. Autre bonne nouvelle face à la recrudescence de CDD dans ces effectifs aux nous avions dénoncé : des titularisations sont prévues d’ici la fin de l’année. Le nombre n’est visiblement pas décidé, mais le directeur délégué Philippe Rifflet a précisé : « plutôt 5 que 2 ». Sur les 66 journalistes d’Actu salariés à Publihebdos, il reste encore aujourd’hui 25 CDD et 4 alternants.

Le recrutement d’un rédacteur-en-chef est toujours en cours pour une prise de poste attendue à la fin de l’année ou en janvier prochain. « On a demandé aux journalistes plus de présence sur le terrain pour des reportages »,confirme Philippe Rifflet. C’était indispensable pour nous.

La plupart de ces verticaliers travaillent en espace de co-working : à Marseille, c’est effectif, et cela le sera pour Grenoble mi-novembre. A Grenoble justement, le verticalier qui gère Actu Savoie aura bien une place dans l’espace de coworking, aux côtés des deux verticaliers d’Actu Grenoble.

Pour les journalistes contraints au télétravail, faute de rédaction ou d’espace de co-working, les élus Info’Com ont demandé d’appliquer le barème de 2,50 euros par jour télétravail pour participation aux frais liés au travail à domicile, à l’instar de qui se pratique désormais dans le cadre de l’expérimentation du travail régulier. La direction propose d’étudier la possibilité de leur octroyer le statut de « journaliste détaché » qui devrait induire de fait une augmentation de salaire.

Nouveaux projets Actu

A ce stade, la direction ne prévoit pas l’ouverture prochaine de nouvelles verticales. L’application mobile Actu est déjà disponible sur l’Apple Store. Elle est en cours de publication en ce qui concerne Android.

Publihebdos a recruté récemment un salarié pour publier des vidéos et aider les rédactions. La direction lance aussi prochainement des newsletters thématiques transversales. « L’idée, c’est sur plusieurs sujets d’aller récupérer tous les trésors de contenus que l’on a dans la base actu et d’éditorialiser cela ». Une newsletter est déjà prévue dans le cadre des élections présidentielle et législatives. Elle sera lancée de manière hebdomadaire dans un premier temps, mais pourra être plus fréquente pat la suite. Un journaliste a été recruté pour ce travail de recherche et d’éditorialisation.

Concernant un probable Actu Foot, rien de concret pour le moment : « un journaliste en interne nous a proposé ce projet, mais pour le moment ce n’est pas encore défini. On regarde si on peut l’accompagner ».

Pour Actu Luxemboug : une journaliste d’actu Metz l’assure mais ce n’est pas formalisé

Horaires fixes en forfaits jours

Les journaliste d’Actu du desk ont des horaires de services avec une équipe du matin qui embauche à 7h30 pour finir à 16h30 et une équipe de l’après-midi qui commence le service à 13h et qui termine à 22h pour gérer le flux sur le net. Or, ils sont payés en forfaits jours. Une situation de non sens pour nous, confortée par l’inspectrice du travail qui avait émis des doutes à ce sujet aussi, lors de la commission SSCT de septembre dernier. Mais la direction n’en démord pas : pour elle, les horaires de service et le forfait jour ne sont pas « antinomiques ». Francis Gaunand répond : « les contraintes horaires, c’est inhérent au métier de journaliste” ! Et de prendre pour exemple les SR qui ont des heures à respecter. Pour nous, cette illustration n’est pas recevable et nous l’avons dit : d’une part, un SR, par définition est un SR et donc les horaires sont spécifiques à son métier, et d’autre part, un SR n’a pas le même coefficient sur la grille de salaire.

Pour la direction, l’autonomie n‘est pas incompatible avec des horaires de service. Nous nous inscrivons en faux. Un salarié soumis à des horaires d’arrivée et de départ dans l’entreprise n’a pas la même autonomie qu’un salarié en hebdo, bien que la direction assure qu’ils soient libres d’aller et venir et de prendre des pauses comme ils l’entendent, pendant leur journée de travail. Nous en doutons fortement, car, on le sait, les infos en ligne n’attendent pas la fin des pauses pour tomber, et que nombreux journalistes consciencieux sont habités par ce souci d’être très réactifs sur l’actualité. Nous savons aussi qu’ils sont conditionnés pour ça. Le DRH assure qu’au desk à Rennes par exemple, « les journalistes ont beaucoup de liberté, ils prennent le temps de sortir déjeuner ».

Sur le principe, nous comprenons que le flux sur le web exige une grosse amplitude horaire et qu’un travail en équipes pour le gérer soit sans doute nécessaire, mais nous réitérons notre demande : payer ces salariés en taux horaire ! Surtout, que, si nous calculs sont bons, avec les horaires de travail imposés, cela cumule des semaines de 45 heures ! La direction assure que dans les 45 heures, les pauses déjeuner sont incluses.

Devant cette mauvaise foi caractéristique de notre direction et en attendant de leur faire entendre raison, nous conseillons très fortement les journalistes en horaires fixes de prendre le temps de faire de vraies pauses déjeuner d’au moins une heure chaque jour.

Il existe en effet des lois à respecter dans les entreprises : cela s’appelle le code du travail. Nous avons rappelé à la direction que l’inspectrice du travail avait douté de cette compatibilité : la direction nous a rétorqué : « elle a dit qu’elle devait vérifier ». Nous avons donc demandé si cela leur avait été confirmé depuis. La direction a juste balbutié : « elle nous a confirmé qu’il devait y avoir une notion d’équilibre entre contraintes et autonomie dans le travail ».

Enfin, aucune réponse ne nous a été apportée sur la question des amplitudes horaires pour les journalistes du desk qui travaillent sous forme de roulement le week-end. La journée de travail commence tôt le matin, et peut se terminer tard le soir. La direction n’est simplement pas d’accord avec cet état de fait et prend l’exemple d’une journaliste qui indique dernièrement sur Slack avoir commencé à 8h30 un samedi matin et terminer à 18h30 sa journée. Cela représente toutefois une journée de 10h, avec ou sans pause déjeuner. Et cet exemple est-il vraiment le reflet de la généralité ? Notre petit doigt nous dit….

Nous demandons aussi que les salaires des journalistes d’Actu, qui font plus qu’un travail en quotidien ne soient plus calées sur la grille PHR, qui n’est pas adaptée à leur rythme de travail. Francis Gaunand répond : « la plupart des pure-players sont sur des grilles pas forcément supérieures à la PHR ». Alors, qu’attend-t-on pour faire évoluer cette grille ? Un début de réponse pourrait peut-être pointer le bout de son nez lors de la commission sociale FPPR/SPHR (négociation de branche NDRL) qui se réunit jeudi 28 octobre prochain…., à laquelle siègeront vos élus Info’Com-CGT

Mutualisation des postes de rédacteur en chef

Certains titres ont un rédacteur en chef en commun, et là où le rédacteur en chef n’est plus présent, un journaliste est généralement nommé Secrétaire général de rédaction (SGR). Situation que nous avons aussi souvent dénoncée dans le passé, car les SGR supportent le travail d’un RC, ainsi que sa charge mentale. La direction répond sans sourciller que ce n’est pas une approche économique, mais qu’il s’agit de « constructions en commun, de pages communes, ou de bassins de vie en commun ». Ce qui n’est pourtant pas toujours le cas. Surtout que les SGR n’ont plus la prime de délégation de rédaction en chef. Francis Gaunand répond : « chaque cas va être rechallengé dans le cadre des plans d’actions qui viennent de démarrer ». A noter par ailleurs, qu’un journaliste est en droit de refuser de prendre une délégation de rédaction en chef, s’il n’en a pas envie, ou qu’il ne s’en sent pas capable. Enfin, bon à savoir, a prime de délégation, qui, rappelons-le, est de 90 euros net par semaine, n’est pas limitée dans la durée.

Expérimentation du télétravail

La phase d’expérimentation du télétravail est en cours depuis septembre dernier. 58 personnes ont adhéré au dispositif expérimental qui court jusqu’à la fin de l’année, soit 44 journalistes, 4 cadres et 10 employés. Sur les 58 personnes qui ont rempli leur formulaire de demande, 50 personnes ont commencé à consommer des jours de télétravail. La direction prévoit une nouvelle réunion en novembre avec les élus pour reprendre les négociations sur le télétravail. Pour rappel, la négociation n’avait pas abouti, la direction restant arc-boutée sur un nombre dérisoire de jours de télétravail autorisé.

Charte informatique

La direction a pour projet de mettre en place une charte informatique, après la cyberattaque de fin 2020. Après prise en compte de nos remarques apportées en CSE au mois de septembre, la direction nous a consultés sur ce projet amendé. A la majorité, nous nous sommes opposés à ce document, qui pourrait être utilisé à des fins disciplinaires, et qui donne blanc seing à la direction pour « surveiller » par exemple les navigations personnelles des salariés avec l’ordinateur de l’entreprise.

Déploiement de Melody

Le nouvel outil éditorial, voué à remplacé la V3 dans toutes les rédactions de Publihebdos, continue son déploiement. La semaine du 18 octobre, les formateurs étaient à Guingamp. Après les vacances de la Tousssaint, ils seront encore en Bretagne (en semaine 46) à Pontivy et Quimper. Une équipe de six personnes suit le déploiement. Les défauts et autres bug constatés au démarrage semblent se résorber, même s’il reste un problème avec le cadrage des photos, et des textes qui disparaissent.

Par rapport à la V3, il faut davantage utiliser la souris : les raccourcis clavier possibles sont moins nombreux. La direction propose d’étudier cette question des TMS (Troubles musculo–squelettiques) en prochaine réunion SSCT. En attendant d’étudier la possibilité d’équiper les rédacteurs de tapis de souris avec repose poignet ou de souris verticales, vos élus Info’Com ont demandé à la direction d’équiper tous les journalistes d’une souris classique pour éviter d’utiliser le pad des ordinateurs portables, car les gênes sont nombreuses pour les poignées aprè une utilisation prolongée. La direction accepte cette proposition.

La récupération des archives V3 devrait être possible, et plus de 1 000 licences de correcteurs orthographiques ont été commandés. A noter que, comme nous l’avions appuyé, les correspondants ont enfin un accès au correcteur orthographique.

Le coût de déploiement de Melody pour l’entreprise : 100 000 euros au démarrage/paramétrage, 300 000 euros en récurrent.

Fibre optique

Les abonnements fibre étant plus chers pour les professionnels, Publihebdos ne souhaite avoir recours à la fibre que pour les sites où il y a suffisamment de personnel connecté (entre 5 et 10 utilisateurs) ainsi que les ateliers PAO. Pour les autres sites, plus petits, il est envisagé d’avoir recours à des opérateurs qui proposent de la fibre aux entreprises en s’appuyant sur le réseau fibre grand public.

Hausse du prix du papier et pénurie

Les élus ont interrogé le PDG Francis Gaunand sur la problème de prix élevé du papier. La production internationale a été ralentie pendant l’année 2020 avec le confinement. Or, la reprise est très forte, surtout de la part de la Chine. Cela crée une forte tension sur l’approvisionnement. Une hausse de 20 % a déjà été répercutée en juillet 2021. Une autre est annoncée au 1er janvier 2022 de l’ordre de 40 à 50 %. “Pour nos économies, c’est 1 million d’euros de coût papier supplémentaire à prévoir l’année prochaine. Après, il y a le risque de ne pas être approvisionné correctement. Pour autant le groupe SIPA a une puissance de négociation. Nous avons des engagements sur les quantités ».

La direction se dit préoccupée par ce sujet. « La profession dans son ensemble est inquiète ». « Nous allons alerter les pouvoirs publics. Mais que peuvent-ils faire ? », a indiqué le DRH David Deffains qui met en avant le fait que la presse subventionne Citeo ( la filière papier écoresponsable). Pour l’heure, Publihebdos dispose en moyenne de cinq semaines de stock de Papier sur son site de Cavan et deux semaines à Cherbourg.

A ce stade, il n’est prévu aucune baisse de la pagination. “Je ne me résous pas à faire passer cette directive auprès des équipes à ce stade, sachant qu’on augmente assez régulièrement le prix de vente de nos journaux”, a indiqué Francis Gaunand. Il n’y aurait pas non plus de projet de baisse de la hauteur du journal ni de hausse du prix des abonnements.

Outil Cafeyn

Nous nous sommes étonnés de pouvoir lire plusieurs journaux numériques du groupe gratuitement sur le kiosque numérique Cafeyn proposé aux abonnés MyCanal ainsi qu’aux abonnés Bouygues et SFR. Le téléchargement d’un titre sur cette plateforme donne lieu à une rémunération à Publihebdos : 25% du prix facial d’un journal. Fin août dernier, 7 600 parutions ont été téléchargées en moyenne, contre 1500 par exemple en 2019.

Indemnités kilométrique

Les élus ont inscrit ce point à l’ordre du jour du CSE et bonne nouvelle : l’indice kilométrique, qui sert à rembourser les salariés pour l’utilisation de leur véhicule personnel dans le cadre de trajets professionnels, va passer de 0,407 euro du kilomètre à 0,424 euro « au plus tard le 1er décembre 2021 ».

Utilisation des voitures de service

La direction rappelle qu’une tolérance existe dans l’entreprise pour l’utilisation des voitures de service par certains pour les trajets domicile-travail, même si la règle générale reste que ces véhicules sont officiellement destinés à un usage professionnel. La direction ne veut pas entendre parler de quelconque compensation financière pour ceux qui n’en ont pas, en dépit des problèmes d’iniquité qui peut exister au sein même parfois d’une même rédaction. La direction rappelle que les voitures qui ne roulent pas assez, à savoir, moins de 10 000 km par an, ne sont pas vouées à rester. Les élus Info’Com vont étudier la possibilité de proposer aux prochaines NAO, l’option d’affecter une voiture de fonction à chaque journaliste.

Revalorisation des correspondants

Les élus Info’Com ont demandé qu’une commission paritaire soit organisée pour travailler sur la rémunération des correspondants de Publihebdos, la direction ayant préalablement accepté d’étudier les possibilités de revalorisation de ceux qui proposent des sujets valorisés, à la différence des « correspondants boîte aux lettres ». Toutefois, la direction refuse d’organiser une réunion paritaire, les correspondants étant des collaborateurs indépendants, et ce bien que ces travailleurs de l’ombre remplissent le contenu en petite locale de la plupart nos hebdos. Les éditeurs seraient donc en train de travailler sur ce sujet, sans calendrier précise. « Il existe plusieurs barèmes selon les zones, et on garderait cette disparité ».  Bref, c’est pas gagné !

Prévoyance et santé

L’appel d’offres pour le changement de mutuelle  au niveau du groupe Sipa Ouest France a pris du retard. Le dépouillement des offres, qui devait avoir lieu en septembre 2021 a été reporté. La mise en service de la future mutuelle est aujourd’hui attendue au 1er juillet 2022. La partie prévoyance, elle, est reportée à 2023.

Pour rappel, quand les offres seront dépouillées, chaque entreprise du groupe aura liberté ou non de changer de mutuelle. La direction de Publihebdos a rappelé que son objectif est d’obtenir de meilleurs tarifs mais d’assurer, a minima, le même niveau de garantie pour les salariés.

A noter par ailleurs qu’un médecin du travail a enfin été trouvé pour le Groupe Ouest France. Il devrait arriver d’ici la fin de l’année.